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LIEUX & HISTOIRES INSOLITES
DANS LE LUBERON

Abbaye de Silvacane

L'abbaye des roseaux

L'abbaye tire son nom du lieu où elle fut édifiée au XII ° siècle : une forêt de roseaux, solva cannorum, proche d'une vaste zone marécageuse, aujourd'hui asséchée. Raymond des Baux la fonda en 1144. Vous pourrez voir, dans une des chapelles, des fragments du tombeau de son fils, Bertrand des Baux, qui construisit l'église

Silvacane, qu'occupèrent les moines de l'ordre de Cîteaux, fait partie des trois grandes abbayes cisterciennes de Provence, avec Sénanque et Le Thoronet (voir GORDES et LE THORONET).

Gordes

les bories

Des villages de pierres sèches les Vordenses ont été les premiers occupants de la période historique de Gordes : leur territoire, très limité, recouvrait à peu près l'étendue de la commune actuelle. Cette peuplade devait faire partie de la confédération des Cavares de Cavaillon.

L'attraction de Gordes est l'extraordinaire ensemble de cabanes en pierres sèches, connues sous le nom de bories. Il s'étend sur un arc de cercle de plus de 15 km, qui va de Méthamis (10 km à vol d'oiseau vers le N.) à Saint-Pantaléon (4 km vers le S.).

On croit, généralement, que seule Gordes a ainsi rassemblé cette civilisation des plateaux. C'est une erreur. Car d'autres ensembles parsèment la région aptésienne. J. Barruol les classe ainsi

groupe de Saumane - Le Beaucet;

groupe de Cordes;

groupe des Roques (vers Saint-Pantaléon);

groupe de Saint-Véran - Les Blaquis;

groupe de Bonnieux (310 bories);

groupe du plateau des Claparèdes (au S. d'Apt);

groupe de Céreste (pointe orientale du Lube­ron);

groupe de Viens-Les Faysses (à l'E. d'Apt);

groupe de Caseneuve-Saint-Martin (avant Viens);

groupe des bords du Calavon (à l'E. d'Apt);

groupe des puits d'Apt (au N. de la ville);

groupe de Saint-Saturnin-d'Apt (au N. d'Apt (1).

D'où viennent les bories?

On a prétendu que certaines remonteraient au néolithique. fi est évi­dent que ce mode de construction a dû être pratiqué depuis la plus haute Antiquité, mais il est mainte­nant bien établi que les plus anciennes de celles que l'on voit aujourd'hui datent du XVII° siècle. En effet, les différentes pestes qui se sont abattues sur la Provence depuis le Moyen Age ont fait refluer les populations des villes sur les montagnes, où elles pensaient s'isoler de la contagion. Les bories étaient chaque fois rebâties et leur confort amélioré. C'est ainsi, probablement, que sont nées ces extraor­dinaires maisons à l'ouest de Cordes. Les plus connues sont la Haute-Juverde, formée de quatre bâtiments encerclant une véritable cour intérieure, les bories 3 et 5 du quartier de Fontanille (avec greniers et dépendances), et enfin la grande borie 52 du quartier de la Rougière: elle a 20 m de long et 10 m de haut. Toutes ces bories de Cordes sont groupées en hameaux entourés d'enceintes, quelque­fois doubles, ou même triples. Certains de ces hameaux forment d'ailleurs de véritables villages, comme le village noir ou le village des cabanes. Ne vous étonnez pas d'en trouver quelques-uns habi­tés : un minimum d'aménagement les rend presque confortables, et leur construction est à l'épreuve du temps et des intempéries.

Environs 

Jamais deux sans trois A 3 km au N-O. de Gordes, la RD 177 conduit à l'une des « trois soeurs cisterciennes de Provence » : l'abbaye de Sénanque (voir SILVACANE et LE THORONET). Dans le fond d'un ravin très isolé où coule la Sénancole, les moines de Cluny ont installé des bâtiments clairs et nus. Dans le bois de chênes qui limite leur propriété vers le sud, on peut encore admirer un chêne qui aurait plus de 600 ans

Oppède le Vieux

Le président et l'antipape

Adossé au versant N. du Luberon, face à la plaine d'Apt, l'ancien village d'Oppède occupe un site exceptionnel bâti sur un éperon rocheux qui, par trois de ses côtés, surplombe le vide, Oppêde-le­Vieux dissimule ses ruines sous le lierre et les hautes herbes. A côté des restes d'enceintes, d'oratoires abandonnés, d'habitations effondrées, vous trou­verez une église romane, seul vestige parfaitement conservé. A la pointe du rocher, au plus haut du lieu, se dressent les murs et la tour du château médiéval qui appartint au Président d'Oppède, et d'où les membres du parlement d'Aix assistèrent, en 1545, à l'incendie de Cabrières (voir MERINDOL). Sa poterne s'ouvre sur le vide c'est par là que disparut Pierre de Lune, l'antipape Benoit XIII.

Jésus tailleur de pierre

Près d'Oppède, la chapelle Saint-Antonin contient un tableau qui posa longtemps une énigme. Cette toile, qui date de 1636 environ, représente un ensemble de mamelons coniques devant lesquels l'auteur a peint de petites maisons. L'Enfant Jésus, assis sur les genoux de sa mère, est en train de scier un rocher. La mère et le fils regardent un martyr dont la gorge est percée d'un glaive. Que pouvait signifier cette scène? On découvrit tout d'abord que le paysage représentait Montserrat, en Catalogne, et que le martyr à la gorge percée, saint Antonin, avait pris les traits d'un assassin, Jean Garin. Celui-ci, son forfait accompli, était allé à Rome où le pape lui avait ordonné de marcher désormais à quatre pattes et de se nourrir d'herbes sauvages. Garin, se conformant aux paroles du pape, devint en quelques semaines à ce point semblable à une bête qu'on l'emmena à Barcelone pour le montrer dans les foires. C'est là qu'un enfant réalisa l'oracle : il pria l'homme loup de se relever, et de redevenir un homme. Ce qu'il fit.

Entre deux prisons 

Oppède fut l'un des lieux d'élection du marquis de Sade, qui vint s'y réfugier, en août 1778, après s'être évadé de Valence. Le chanoine d'Oppède, Vidal, l'y accueillit mais, le lendemain, ne se croyant plus en sûreté, Sade partit chercher asile dans une grange abandonnée, située à environ une lieue du village. Ce refuge précaire ne calma pas son inquié­tude. « Il n'y eut personne, écrivit-il, d'un peu connaisseur, qui n'eût vu dans cet état cruel le tombeau de ma malheureuse liberté. « Sade rega­gna, en compagnie du bon chanoine, son chateau de Lacoste où, le 26 août 1778, les gendarmes vinrent l'arrêter pour le conduire à Vincennes (voir également LACOSTE).

Banquet sacré  

L'oratoire Saint-Joseph est l'un des très rares exemples d'oratoires provençaux dont la niche est précédée d'un autel. Cet autel, appelé le Ban­quet, recevait la statue du saint que, le jour de la Saint Joseph, portaient les processionnaires.

Bonnieux

Des origines douteuses

 L'ancien nom du village de Bonnieux, Mitrone (IVe siècle), rappelle-t-il le souvenir de saint Mitre? Certains audacieux l'affirment, considérant que ce prénom de Mitrone fut très répandu autour d'Aix à la fin du XVe siècle. On rapprochera toutefois cette étymologie de l'aspect naturel du vieux village, perché comme une mitre, à la manière de celui du mont Saint-Michel, sur une hante colline proche du Luberon. De toute manière, le nom de Bitrona semble prévaloir, sans qu'on puisse établir clairement le passage de Bitrone à Bonnieux.

Escargots énigmatiques

Le gisement préhistorique exploré en 1955-56 dans l'abri de Roque/ure, sur les bords du Calavon, a permis de découvrir un squelette dont le crâne était protégé par un petit édifice de pierres calcaires. Autour du squelette, des coquilles d'escargots (Helix nemoralis et Helicella cespitum) jonchaient le sol. On ignore la signification symbolique de ce mollusque gastéropode, égaiement retrouvé dans des sépultures préhistoriques de Menton et du mont de Cordes (voir MENTON et CORDES). La plupart des trouvailles archéologiques de l'abri de Roquefure sont exposées au musée d'Apt.

Saint Vincent sur le gril

 Il y a fort longtemps, le 22 janvier, on fêtait la Saint Vincent à la lueur des fassaio, ou fagots de sarment. Saint Vincent est en effet le patron des vignerons. La tradition populaire voit, dans le supplice qu'eut à endurer le saint, l'origine de cette fête commémorative : le corps de Vincent fut lacéré et déchiré avec des crochets de fer, puis couché sur un brasier, mais le sang qui coulait de ses blessures en éteignit les flammes. Selon la coutume, les habitants promenaient dans les rues deux charrettes, l'une portant un tonneau de vin, l'autre chargée de bûches et de fagots qui alimentaient ensuite le brasier. Des enfants accompagnaient le cortège en brandissant des torches enflammées. Au cours de la cérémonie, on intronisait le nouveau viguier.

Un pont de belle taille

 A 6 km. au N. de Bonnieux, sur la RD 149, vous franchirez le Coulon au pont Julien, l'un des ponts romans les mieux conservés de l'ancienne Gaule, ouvrage important de la voie domitienne, qui reliait la péninsule ibérique à l'Italie du Nord. A la sortie d'Apt, la voie romaine se dirigeait sur Cavaillon, traversait le Coulon au pont Julien, puis suivait la rive gauche de cette rivière jusqu'aux Beaumettes d'où, par un nouveau pont, elle regagnait la rive droite et bifurquait à la tour de Sabran.Les Romains le construisirent suivant des techniques qui demeurèrent longtemps mal connues. Ils utilisaient des pierres de taille dont la plupart étaient juxtaposées sans mortier, ni ciment. Long de près de 70 m, le pont Julien se compose de j trois arches d'ouverture inégale l'arche centrale j est plus haute que les deux autres, d'où l'aspect en dos d'âne de l'ouvrage. Vous apercevrez à la base des piles un ensemble de trous qui posèrent aux historiens une longue énigme. On finit par découvrir que des pillards les creusèrent afin de voler les crampons de bronze du pont. Le pont Julien aurait été élevé en 3 av. J.-C. sur les ordres d'Auguste : il permettait d'éviter les escarpements et les obstacles naturels de la rive droite du Coulon.

Saignon

inscription grecque et voie romaine

On voit à l'intérieur de l'église, à droite du portail, une inscription grecque assez bien conservée. période romaine a également laissé des traces. Lors de la construction de la route d'Apt à Saignon, on a mis au jour des vestiges de la voie Domitienne qui, à cet endroit, franchissait sur un pont la rivière du Calavon, et passait ensuite au pied du coteau situé au N. d Apt. La chaussée de la voie romaine présentait une épaisseur de plus d'un mètre; elle était composée principalement de grav­iers du Calavon, de débris de tuiles et de matières ferrugineuses. On a établi que, dans sa partie montagneuse, la voie Domitienne était pavée (1).


1) Cf. Guy et Jean Darruol Sites et monuments de Haute Provence Le pays d'A pt, Apt, 1964.

Saignon posséda également une tour à signaux partie de la série des tours de guet construites par les Romains le long de la vallée Calavon. D'où, probablement, son nom, dérivé signum.

Roussillon

Le coeur d'un poète 

Dix-sept nuances d'ocre rouge colorent les maisons et jusqu'aux toitures de cet étrange village, comme les collines et les falaises déchique­tées qui l'entourent, riches en oxyde de fer. Mais une cruelle et belle légende explique cette coloration de manière plus poétique la terre reste à jamais teintée du sang d'une amoureuse qui ne put sur-vivre à son amant Raymond d'Avignon, seigneur du lieu, allait trop souvent à la chasse Délaissée, la belle Sirmonde, son épouse, s'en consola dans les bras de Guillaume de Cabestang, originaire de Chabestan, page et troubadour qui vivait au château.

Ayant surpris leur aventure, le mari emmena Guillaume à la chasse et le fit tuer et dépecer par ses gens. A son retour, il offrit à sa femme un repas au cours duquel figurait un plat des plus succulents. Quand elle s'en fut délectée , Raymond lui annonça qu'elle venait de croquer le cour de son amant. La malheureuse trouva la force de se lever et de déclarer qu'elle avait fort bien mandé, et pour toujours. Puis elle courut se jeter du haut de la falaise. A l'endroit où son corps s'enfonça dans la terre, une source jaillit : les gens du pays se hâtèrent de la transformer en puits couvert afin que le corps de la jeune femme soit à jamais protégé de la colère des hommes jaloux. Une des falaises rouge évoque, de plus, le profil du seigneur Raymond.

Buoux

Un formidable château fort

Au S. de Buoux, sur la rive gauche de l'Aigue­brun, un étroit chemin, non carrossable en sa partie terminale, mène à un plateau rocheux où se dissi­mulent, enfouies sous une végétation proliférante, les ruines du château fort médiéval des seigneurs de Buoux. Délimité par d'impressionnantes falaises natu­relles, le plateau s'allonge sur près de 500 m; sa largeur varie de 40 à 100 m. Les ruines des bâti­ments et des ouvrages défensifs du fort datent des xsv0 et XV0 siècles (1). Une fois dépassés les abris taillés dans le roc, on découvrira une tour de défense, un bastion à meurtrières, un second bas­tion voûté, les restes d'une église du X's0 siècle, d'extraordinaires silos creusés dans le roc, des fossés et des remparts, d'autres bastions et poternes; au point le plus resserré du plateau se dressait un mur abrupt, percé d'archères, qui défendait l'accès au donjon, construit à l'extrême pointe du plateau et qui dominait un vertigineux à-pic de 80 m. Un escalier secret de 60 marches, lui aussi creusé dans le roc et qu'il est dangereux d'emprunter aujourd'hui, permettait de quitter discrètement le fort.

les constructions de Buoux, qui commandaient tout le système de défense de la sortie nord du Luberon, furent démantelées sur l'ordre de Louis XIV

Le site de Buoux fut occupé de tous temps. On y a découvert plus de deux cents tombes creusées dans la molasse au début du Moyen Âge. Un village, aujourd'hui totalement disparu, prospérait au bord du plateau, près de l'Aiguebrun.

Les nombreuses grottes, souvent impraticables, qui entourent le plateau ont, elles aussi, servi de refuges aux hommes de l'époque moustérienne. Outre la baume des Pevrards, les plus connues des archéologues sont la grotte des Pigeons qui comporte trois salles, et la baume de l'Eau. Mais, si vous êtes assez habiles pour les trouver, ne saccagez pas le travail des historiens par des fouilles inconsidérées I

(1) Cf. description détaillée in Sites et monuments de Haute Provence : le pays d'Apt, « Les Alpes de Lumière Âpt, 1564.

Environs 

La montagne accouche de boulets de canon Aux environs de Buoux, et au bord même de la RD 113, vous remarquerez, dans les flancs de la molasse calcaire, d'étranges boulets de pierre, parfaitement sphériques, souvent gros comme des boulets de canon. Ils sortent peu à peu de la paroi ( quelques centimètres par an), finissent par s'en détacher et roulent au fond des combes. On a longtemps cru qu'il s'agissait d'authentiques armes de guerre dont se servaient les combattants du Moyen Âge. Les géologues d'aujourd'hui s'in­terrogent encore sur le mécanisme de cet étrange phénomène.

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